BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL

On confond souvent 'bien-être' avec 'loisirs', 'passe-temps', 'option', 'amusement inutile'. Or il ne s'agit pas du tout de cela. Instaurer une culture de travail positive ne signifie pas faire mumuse autour d'un babyfoot à la pause café.

 

Tout d’abord, intégrer la dimension ‘bien-être’ des salariés au sein de son entreprise est une ressource capitale et a un impact à tous les niveaux. 

Quelques chiffres clairs: créer des conditions d’épanouissement personnel de chacun au sein d’une entreprise lui permet de limiter le turnover de ses talents, de fidéliser ses collaborateurs (qui doublent leur nombre d’années passées dans l'entreprise), de doubler leur productivité, de multiplier leur énergie par 6, de diminuer drastiquement l'absentéisme (divisé par 6) et les congés maladie (divisés par 2 à 10 selon les études). Les employés sont plus fidèles, loyaux et investis dans leur entreprise. Et comme ce sont eux qui constituent sa force vive et son avenir, il semble cohérent de s’occuper de leur bonheur, non?

 

Ensuite, la nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail aujourd'hui est plus attentive à son épanouissement personnel qu'à l'illusion de la sécurité de l'emploi. L'éthique, les valeurs, l'ambiance au sein de l'entreprise sont primordiales. Même le salaire passe au second plan si un employé est heureux à son travail.

Combien aujourd'hui de reconversions professionnelles avec une diminution de salaire radicale? Enormément. Personnellement, je ne vois que ce type de profils en coaching. La recherche de sens est passée au premier plan. On ne sacrifie plus sa vie personnelle et son bonheur sur l'autel de la performance professionnelle. Nous sommes devenus notre propre point fixe. Tout autour de nous peut être bouleversé, nous sommes notre seule constante !

 

Le travail d’un responsable (Chief Happiness Officer, si on reprend le terme anglo-saxon - il n’y a pas encore de terme français - à part « M. Ou Mme Bonheur »… cela en dit long sur la situation de la France dans ce domaine, et la crédibilité que l'on donne à ce métier) est profond : il agit sur une refonte structurelle, travaillant sur les relations, la création du lien, la cohésion d'équipe, la motivation personnelle, mais également sur des mises en place d'outils (logistiques, digitaux, de coaching de développement personnel, de services, ...).

Chaque individu a sa définition du bonheur, et l'enjeu est de comprendre et analyser leurs besoins, de réussir à donner une cohésion à autant de visions différentes au sein d'une même structure, et d'amener celle-ci à s'adapter à chacun, sachant que le retour sur investissement sera immense. Pour tous, et à tous les niveaux.

 

"Le chief happiness officer est donc un véritable métier stratégique dans l’entreprise d’aujourd’hui et de demain. Il n’est pas le messager du bonheur, mais le diffuseur de sens. A ce titre, il doit avoir une vision macro des valeurs de l’entreprise et micro des besoins de chacun. Et il doit maintenir une forte relation avec les différentes parties prenantes internes de l’entreprise : ressources humaines, marketing, communication, événementiel, DSI, managers, dirigeants. Il est temps pour les entreprises de changer leur mode opératoire dans la gestion de leur capital humain qui constitue leur réelle richesse. Il est temps d’aller à la rencontre de leurs collaborateurs pour comprendre leurs besoins, leurs usages afin de leur apporter du sens."

Johann Carelli, article du 25/04/2019 dans la Harvard Business Review.